Manifestation spontanée, désordonnée, vaguement transgressive et aucunement esthétique, un graffitivre est l’exhibition murale d’une pulsion psychotropée, l’écho de mots restés trop longtemps enfermés dans la tête d’un esprit tant égaré que farceur. Humours de façade ou involontaires sabordages orthographiques, les graffitivres représentent la dissidence du tag et la sécession de l’art urbain : ce n’est pas l’œuvre de ceux qui se livrent à la subversion par des jeux de mots, qui sont animés par la poésie, l’humour décalé ou qui font montre de leurs talents artistiques. Car anonyme, gratuit et drôle, ce sabotage mural tient surtout de l’échange différé entre une personne avinée et un passant avisé.
http://graffitivre.tumblr.com